Françoise Caron
Eh bien, je suis mariée avec Christian Caron , nous avons 6 enfants et 3 petits enfants. Et puis nous avons le Seigneur qui est notre TOUT. Et je dois dire que le plus beau jour de ma vie ça a été celui où j’ai dit oui au Seigneur. J’avais 17 ans, j’avais un cœur plein de souffrances, j’avais plein de doutes, plein de « pourquoi ? », plein de « comment ? ».
Et Jésus est venu et m’a dit qu’Il m’aimait, tout simplement et ça a transformé ma vie.
Alors il y a 45 ans, j’avais juste 5 ans, vous pouvez faire les calculs, pour la première fois je suis entrée dans une église comme celle-ci. Oh, bien plus petite, mais elle ressemblait quand même étrangement à cette église. C’était une mission qui s’appelait Salut et Guérison. Et mon papa et ma maman m’avaient conduit à cette réunion simplement pour aller à l’imposition des mains des malades parce que je venais d’avoir un diagnostic terrible posé par les médecins ; c’est que très prochainement je devais tomber aveugle. Alors bien sûr mes parents étaient effondrés, les médecins avaient découvert qu’à 5 ans seulement, mon œil gauche était infirme totalement, le nerf optique était atrophié et la rétine était tellement déformée, abîmée qu’il n’y avait aucune possibilité de voir de l’œil gauche et puis l’œil droit était atteint d’un virus qui avait commencé à faire des ravages et la rétine était très abîmée. Donc à cette époque-là, on avait diagnostiqué à peu près 2 à 3 dixièmes de l’œil droit et rien de l’œil gauche. Et les médecins disaient que c’était irréversible et que je deviendrais aveugle dans les mois qui venaient.
Donc quand un tel diagnostic tombe, on se retourne vers tout ce qui est possible autour de soi. Et puis là, une tante avait dit à mes parents : « Eh bien écoutez, vous ne croyez pas en Dieu, vous êtes même hostiles totalement à la foi et à la religion, alors si vous ne le faites pas pour vous, faites-le au moins pour votre fille ». Et donc nous sommes arrivés, on a prié pour moi et puis j’ai entendu beaucoup de joie autour de moi, tout le monde pensait que le Seigneur était en train d’agir et en sortant de cette salle, il ne s’était rien passé, je ne comprenais pas grand-chose mais ma maman m’a dit tu sais, je sais que Dieu t’a guéri.
Et j’ai grandis avec régulièrement ces paroles de la part de mes parents «Dieu t’a guéri» et nous avons fréquenté l’église, mes parents se sont convertis, ont changé de vie et l’amour de Dieu a pénétré dans la maison et j’étais enseignée dans la foi chrétienne. Mais à 16 ans j’étais très révoltée parce que ces paroles étaient bien sympathiques mais moi je voyais peu, très peu. Et si le diagnostic des médecins ne s’était pas accompli, cependant j’étais quand même très mal voyante, très handicapée. Et à l’adolescence je commençais à penser que peut-être toute ma vie allait prendre un tournant difficile : « est-ce que je pourrais me marier, quel métier est-ce que j’aurai, comment je pourrai être socialisée normalement, ne pas conduire, vous savez c’est les grandes questions à 14-15 ans et je commençais à vraiment être révoltée contre le Seigneur. Et puis il y a eu cet attouchement de la part de Dieu et à ce moment là j’ai dit « Seigneur l’essentiel c’est bien que mon nom soit inscrit dans le livre de vie puis j’ai continué à avancer, j’ai rencontré mon mari et nous nous sommes mariés à 18 ans et puis le Seigneur était vraiment notre tout. Moi et ma maison nous servirons l’Eternel. C’est vraiment notre slogan, c’était plus que notre slogan, c’est une réalité. Alors on s’est battu pour servir le Seigneur. Je dis bien on s’est battu parce que tout n’était pas simple, tout n’était pas facile mais on avançait et puis on s’attachait à cette promesse que Dieu guérissait et que s’il ne guérissait pas, hé bien l’important c’était cet amour, c’était sa présence dans notre maison et puis on est rentré dans le ministère et on a servi Dieu avec les bons moments et les moments plus difficiles.
Et puis il y a 4 ans, alors que nous servions le Seigneur en famille d’un coup patatrac comme un rideau qui se baisse. Alors vous savez j’étais habituée à la mal voyance, j’avais même appris le braille et puis j’avais fini par vivre avec ce handicap, cependant je voyais et d’un coup plus rien. Et au moment où ce rideau tombe, je savais ce qui m’arrivait. Vous savez souvent on potassait les bouquins et tout ce qui se passe au niveau de la rétine je le connaissais parfaitement et j’avais un décollement de rétine. J’appelle Christian. Il y a 4 ans tout juste, juste avant la pastorale de Mulhouse. Et je lui dis : tu sais, je ne vois plus, je crois que c’est un décollement de rétine. Il est arrivé dans la minute qui suit, on a été voir l’ophtalmologue, on a prié en route dans la voiture en disant Seigneur tu es tout puissant non pas ça ! Et puis cela a été, je dirais un peu la descente aux enfers. Diagnostic : décollement de rétine sur un œil déjà lamentablement abîmé, rongé par le virus. Une opération, deux opérations, opération ratée, les nerfs ont été touchés, morphine…et je dois dire pendant un an, cela a été des souffrances horribles. Et nous étions là avec mon mari avec toute l’église en disant : mais Seigneur ce n’est pas possible ! Tu ne nous abandonneras pas et je crois que dans ces moments là revenaient les paroles de guérison, les promesses qui avaient été faites, les gens qui avaient prié autour de nous et puis en même temps ce : pourquoi Seigneur ? Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que j’ai péché Seigneur ? Est-ce que j’ai marché par le mal ? Et alors on fait vite le tour de tout et on se remet en question et on demande même pardon pour les péchés que l’on n’a pas commis et on dit : Seigneur que rien dans ma vie ne fasse obstacle à ta bénédiction et puis il y a la douleur, il y a la souffrance, il y a le repli et puis vous savez il y a des pensées un peu bizarres qui passent par là.
J’ai écouté le papa Jean ce matin qui disait qu’il sera content quand il sera à l’entrée du ciel en disant Seigneur je viens dans ta présence. Et moi je m’endormais le soir et je disais à Christian : si seulement le Seigneur venait me rechercher cette nuit si seulement je pouvais partir avec lui…J’avais l’impression que les souffrances n’étaient plus supportables. Alors je disais : Seigneur, tu consoleras ma famille mais moi je ne veux pas finir là dans un lit sous morphine et sans plus pouvoir prier, ni subvenir aux besoins de ma famille et vraiment c’était un moment un moment terrible. Puis au bout d’un an au niveau de la douleur cela s’est un peu stabilisé et puis mon mari était là et il priait, il disait de toute façon que tu voies ou que tu ne voies pas, que tu souffres ou que tu ne souffres pas, Dieu t’aime et moi aussi. Et l’important c’est les promesses que Dieu nous a faites, l’important c’est que Christ soit là, il m’a soutenue et il m’a secouée en me disant vraiment que je ne n’oublie jamais l’essentiel, c’était cela qui nous faisait avancer. Alors j’ai repris la route avec lui dans le service, à l’église et même si parfois je pleurais, même si parfois c’était difficile, je voulais témoigner de l’amour que Dieu avait mis dans mon cœur. Et nous avons cheminé comme cela pendant 3 ans avec des hauts et des bas, des moments de souffrances mais aussi des moments de grandes joies à cause de la présence de Dieu. Et puis il y a exactement un an, jour pour jour ce matin, le mardi de la pastorale, j’étais assise devant là avec ma canne blanche. Vous savez c’était difficile de venir quand il y avait beaucoup de monde parce qu’on a un peu de fierté quand même, alors la canne blanche, le bras qui vous guide, on ne sait pas qui est là, qui vous tend la main ou pas et donc assister même à une pastorale où il y a autant d’onction c’était difficile et j’étais tendue. Et on est entré dans la louange et j’étais contente d’être dans la présence de Dieu, mais tendue, vraiment très tendue. Et plus on entrait dans la louange, plus je sentais la présence du Seigneur et plus je lâchais prise.
Et puis d’un coup, il y a un moment comme tout à l’heure, vraiment où on est bien où on est porté par les anges et puis une parole est donnée et cette parole disait qu’il y avait une servante du Seigneur qui était là et il commence à dire pleins de paroles qui tombaient dans mon cœur, vous savez c’était comme une rosée sur mon cœur qui faisait que toute la tension se relâchait et après souvent j’y ai repensé et ai dit quelle stratégie Dieu utilise avec nous. Je crois que le frère qui a parlé aurait dit d’emblée : ma sœur Dieu veut te guérir, je me serais refermée véritablement comme une coquille d’huître qu’on essaye d’ouvrir, on m’a tellement dit de fois : Dieu te guérit ouvre les yeux et j’ai tellement de fois ouverts les yeux en disant Dieu m’a guérie et il n’y avait rien. Alors j’avais endurci non pas mon cœur mais mon système de défense pour pas m’effondrer en larmes et sortir en courant à chaque fois et Dieu en a tenu compte, Dieu tient compte de ce qu’on est, de notre souffrance, de notre douleur. Alors il a commencé par inonder mon cœur d’une rosée bienfaisante et du coup j’ai pu m’abandonner dans ses bras d’amour et tout ce qu’il disait c’était tellement sympathique, tellement même flatteur, je pense que le Seigneur en a rajouté, vous savez pour me faire du bien et puis alors que là j’étais abandonnée en disant alors là Seigneur, si tu penses vraiment tout ça de moi c’est vraiment super.
Et là d’un coup, ne t’installe pas dans ta cécité, tu es aveugle et je veux faire quelque chose pour toi. Alors rétractation quand même un peu, on reste humain, mais Dieu avait touché mon cœur auparavant alors j’ai écouté, j’ai écouté cette parole : une promesse de guérison pour dans quelques jours, une promesse de guérison qui allait être manifestée par un signe rapide et puis ensuite une progression, le Seigneur disait qu’il faudrait que je m’attache à attendre ensuite la bénédiction et la progression. Alors le doute dans mon cœur a fait qu’en sortant je me disais Seigneur pardonne-moi. Peut être que ce frère y a mis un peu de ses émotions, de ses sentiments, parce qu’une canne blanche, c’est donc qu’il y a un aveugle dans la salle mais Seigneur si c’est toi qui a parlé, pardonne moi. Et nous sommes repartis sur Paris, je n’étais pas toute seule dans la voiture, il y avait mon mari, mon petit frère et puis notre pasteur et puis on a échangé des paroles, je crois qu’on avait à peu près tous le même sentiment, la présence de Dieu était là, la parole nous avait touché, elle semblait vraiment être pour moi mais et si et si ? Et puis on s’est quitté, on est rentré à la maison. Une semaine s’est passée, toujours en tâtonnant, en pleurant, en faisant à manger en se brûlant enfin bon, le quotidien de quelqu’un qui ne voit pas dans une grande maison avec pleins d’enfants et de petits enfants et puis le 18 octobre, 8 jours pile après la pastorale, c’était notre anniversaire de mariage, nos 30 ans de mariage, Christian me dit : tu sais chérie on va aller manger dehors, tu n’auras pas à faire à manger et puis on va passer un petit moment tous les deux, j’ai envie de te faire plaisir. Alors on sort, c’est super, quel beau cadeau qu’un tête à tête dans un super petit restaurant avec son mari. Seulement on arrive dans un restaurant que je ne connaissais pas et mon mari avait beau me raconter le décor et me dire ce qu’il y avait dans l’assiette. Je commençais à manger avec les doigts et de nouveau les larmes qui coulent et ce sentiment de bonheur et d’intimité était tellement abîmé par la souffrance et on rend grâce au Seigneur et on bénit quand même pour ce cadeau précieux qu’on a d’être ensemble et de vivre notre amour dans la présence de Dieu.
Et puis on rentre à la maison et Christian ouvre le courrier vite fait, j’étais à côté de lui et puis je prends les lettres dans la main et je lui donne pour qu’il les lise et là d’un coup, en quelques secondes, quelque chose d’exceptionnel, je lui dis tu sais il y a écrit ton ange derrière le courrier. Il prend le courrier et me dit : ben oui et au moment où je lui dis cela je réalise que j’ai lu ce qu’il y avait d’écrit derrière la lettre. C’était une lettre destinée à une de nos filles qui lui était envoyée par le groupe de jeunes, c’était un jeu qu’ils avaient fait. Et je lui dis mais chéri je vois et au moment où je lui dis je vois, une nausée terrible un vertige : tout réapparaît dans la pièce : les meubles, les couleur, c’était magnifique ! Vraiment magnifique !
8 jours, jour pour jour après la parole qui avait été donnée dans ce lieu à la pastorale je revoyais. Je ne revoyais pas uniquement une ombre, je revoyais les couleurs, je commençais à lire de près et la progression s’est faite doucement mais sûrement. Alors je ne revois pas parfaitement encore mais Dieu m’avait dit c’est ainsi pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas, peut-être pour encourager ceux qui sont dans une guérison progressive, peut-être aussi pour continuer à travailler ma relation avec le Seigneur mais en un an cela s’est drôlement amélioré : mon œil gauche qui était atrophié de naissance revoit, je peux compter les doigts de ma main, voir les couleurs, lire un peu. Je peux relire de mon œil droit ; j’ai eu une rétinoctomie, s’il y a des médecins, des ophtalmologues dans la salle, on m’a enlevé un gros morceau de rétine juste au centre de la rétine et puis tout le reste était abîmé par un virus de naissance qui avait complètement colmaté le reste de la rétine, c’est pour cela que je voyais si peu ensuite on m’a on m’a fait du laser, on m’a mis un gel après l’opération pour bien colmater le reste de la rétine sur le fond et puis je ne sais pas combien j’ai eu de séances de laser sur 3 mois et quand on a vu l’ophtalmologue, Christian a posé beaucoup de questions et il a dit de toute façon il n’y a plus de possibilité, la seule espérance qu’on puisse avoir c’est la perception lumineuse mais le centre de la rétine est enlevé, tout est colmaté pour éviter les hémorragies puisqu’il y avait eu plusieurs hémorragies, donc il n’y a pas de possibilités en aucune manière. Aujourd’hui je revois des deux yeux, je relis avec une loupe, je revois la couleur des yeux de mes enfants et de mes petits enfants et je rends grâce à Dieu parce que Dieu est un Dieu de miracle, amen. Alléluia.






