Mariette Koerber
le rendez-vous d’un coeur gueri !
La mort d’un être cher : une relation à jamais coupée et une profonde blessure
Et cette promesse :
«Jésus est venu pour guérir celle ou celui qui a le cœur brisé… pour apporter la délivrance à celle ou celui qui est écrasé sous le poids de ses fardeaux… » Evangile de Luc chap. 4 v.18
C’est le 1er janvier – quand, soudain, la douleur accablante, l’angoisse insupportable m’écrase. Terrassée, il m’est impossible de me relever, de réaliser ce qui vient de m’arriver.
Je suis anesthésiée dans tout mon être – dans mon corps, mon âme et mon esprit.
Nous entamons la nouvelle année dans les magnifiques Alpes suisses de l’Oberland bernois. Après un petit déjeuner tardif, nous quittons le chalet en direction du téléphérique. Le ciel bleu avec un soleil radieux nous invite à emmener les luges…
Quelques belles descentes de luges et nous nous installons sur la luge, mon mari m’offre du chocolat suisse, une orange… et me dit en souriant « tout travail mérite sa récompense! ».
L’après-midi se poursuit avec les blagues et le plaisir dans la neige…nous nous amusons comme des gosses.
Soudain, l’inconcevable, le cauchemar… En quelques minutes, juste avant la prochaine descente de luges, mon mari se plaint d’un mal, de plus en plus violent, au niveau de la poitrine.
« Ce doit être un refroidissement, je rentre au chalet prendre une tisane, descend toute seule avec la luge, tu t’es tellement réjouie… »
Bien sûr que non « je ne vais pas te laisser tout seul… » lui répondis-je.
D’ailleurs, quelques instants après, c’est moi qui était toute seule… mon mari m’a quittée brutalement, emporté par un infarctus foudroyant.
Depuis ce 1er Janvier, je ne suis jamais retournée à cet endroit !
Quelques années ont passé. Ce matin, me voilà seule en route en direction des Alpes suisses. Une douce paix m’environne…
Mais, un dialogue intérieur, alimenté par toutes sortes de pensées, me fait craindre un moment difficile. Vais-je devoir affronter des souvenirs trop douloureux, sur ce lieu à jamais meurtri par le départ violent de l’homme qui a fait battre mon cœur au rythme du sien?
Je m’approche des Alpes, des cimes enneigées et majestueuses se dressent devant moi.
Sont-elles menaces de souffrance?
Je choisis d’élever le nom de Jésus par la prière et le chant. Le soleil inonde le paysage alpestre. Parallèlement, une présence divine de plus en plus réelle et douce m’enveloppe. Une joie et une paix indescriptibles m’environnent et me portent littéralement, comme la beauté des montagnes qui se dessinent autour de moi.
Néanmoins, j’ai un petit pincement au cœur en apercevant le panneau «Isenfluh», c’est le nom du village où nous avons passé nos vacances. Allez ! J’y vais… une route entrelacée me permet d’y accéder.
Je me réjouis de retrouver une amie qui m’a invitée pour aller marcher en montagne.
Ce qui suit relève du miraculeux, ce n’est absolument pas compréhensible, c’est un défi à la raison! Je sais que je vais me confronter à la réalité de la perte, les souvenirs ne sont pas classés dans le temps de leur vécu, donc ils peuvent soudainement apparaître comme s’ils dataient d’hier… Je choisis de passer ma première après-midi, seule en montagne. La longue marche sera pour demain.
et me voila partie a la decouverte…
Dès mon arrivée, je me trouve devant le chalet d’où nous étions partis avec les luges… Immédiatement, les paroles de Jean-Pierre, assis dans la véranda de l’appartement quenous avions loué, me reviennent : « Tu me manques … » pendant que je préparais le petit déjeuner… Lorsque j’y suis revenue – seule, quelques heures après… je n’ai pas dit, mais j’ai hurlé «Tu me manques !» Je me retrouve devant le téléphérique où nous avions prié ensemble pour la « dernière » fois…
Le téléphérique s’est arrêté, son cœur aussi…
Douleurs, souvenirs…
Il est prouvé que tout ce que nous avons vécu est enregistré dans notre mémoire, tel un ordinateur qui enregistre nos données. Les souvenirs sont là, nous en refoulons certains, car ils sont trop douloureux. Il nous serait impossible de vivre en nous rappelant chaque jour toutes les expériences pénibles traversées. Nous avons été créés avec la capacité de refouler les souvenirs trop difficiles.
Nous pouvons refouler le souvenir, y mettre un « sparadrap » mais, il risque de s’infecter et de produire des blessures qui se répercutent dans notre vie, dans nos relations interpersonnelles etc. Parfois, lorsqu’une blessure n’est pas guérie, il nous faut beaucoup d’énergie pour essayer « d’étouffer » cette souffrance. C’est un peu comme si nous essayons de maintenir un ballon gonflé sous l’eau !
Nous réprimons des souvenirs, tout simplement parce qu’ils sont très désagréables. Mais si, avec l’aide de Dieu, nous les laissons venir en surface et, que nous acceptons de les confronter, nous pouvons être guéris des blessures les plus profondes. Ces moments peuvent être vécus en compagnie d’une personne de confiance, respectueuse de ma souffrance et utilisée par Dieu pour m’accompagner.
J’avais étudié le processus de deuil « comment faire le deuil ? », j’avais lu des livres, j’avais été enseignée sur la souffrance, j’avais fait des études, la psychologie m’a aidée à comprendre
- à mieux me comprendre – les outils psychologiques, les conseils, les bonnes intentions, etc. sont précieux, mais ils ne guérissent pas.
Aujourd’hui, je peux témoigner de la puissance des promesses de Dieu « Jésus est venu pour guérir les cœurs brisés… » Il l’a fait pour moi. J’aimerai utiliser l’illustration d’une plaie physique :
Durant mon adolescence, j’ai fait une chute en vélo et j’ai eu une grosse blessure au coude – j’ai saigné, etc. Aujourd’hui encore, il reste une cicatrice – un jour, cette plaie ouverte m’avait fait très mal. Mais, cela fait bien longtemps qu’elle ne me fait plus souffrir, car à l’époque j’ai été soignée et elle a guéri. Le fait que je me suis blessée n’a pas changé, c’est une réalité qui est restée, même après la guérison. La guérison n’a rien changé au fait que je suis tombée à vélo ! Cette cicatrice fait partie de ma vie. Mais il y a une énorme différence entre des plaies ouvertes, des plaies infectées sous de vieux pansements et des plaies cicatrisées après leur guérison.
La souffrance d’un coeur meurtri, blessé peut être plus traumatisante qu’une souffrance physique. Jésus peut et veut transformer nos plaies émotionnelles infectées, enfouies et douloureuses en des cicatrices indolores ! Il le promet et « Jésus n’est pas un homme pour mentir…» Nombres 23 v.19
Ce que Jésus dit s’accomplit « Ses promesses ne reviennent pas à Lui sans avoir exécuté Sa volonté et accompli Ses desseins » Esaïe 55 v 11 – la Bible n’est pas un livre intellectuel, ni un annuaire de conseils thérapeutiques, elle contient la Parole de Dieu agissante et puissante. Chaque fois que je m’appuie sur une promesse de la Parole de Dieu, je suis surprise de la liberté de l’amour inconditionnel de Dieu qu’elle me permet de vivre. Elle m’affranchit du désir de me laisser piéger par les circonstances, par mes senti-ments, par les manipulations humaines etc.
La Parole de Dieu m’offre la liberté et la joie d’apprécier ma vie.
…. A présent, me voilà à nouveau dans les Alpes, lors de mon retour sur les lieux du drame… Surprise ! Aucune douleur du passé, pas de chagrin, ni devant le chalet, ni devant le téléphérique comme si Jésus avait gommé toute souffrance. Tout me semble nouveau, le village, les majestueuses montagnes environnantes.
Durant toute l’après midi de ma promenade solitaire, AUCUN moment de tristesse, de la joie, une immense paix, l’assurance de la présence de Dieu.
Sur mon chemin, j’aperçois une cascade, je ne résiste pas à son appel. Elle me transporte… loin… vers les souvenirs de jeux avec les enfants des Indiens d’Amazonie que j’ai rencontrés lors de mon séjour en Amérique du Sud.
Le lendemain, nous entreprenons une longue marche et je suis tout à fait libre de ce passé douloureux. Notre promenade est plus courte que prévue! Un petit nuage stoppe notre élan, il présage un orage. En montagne, le temps change vite. La veille, un orage violent a éclaté, nous nous méfions… Nos pensées se concentrent sur ce nuage et nous décidons, prudentes, un peu peureuses peut-être, d’abréger notre promenade.
Sur le chemin de retour, aucun orage, le soleil nous sourit derrière le nuage. C’est ce nuage qui nous a arrêtées dans notre marche, ce petit nuage !
J’ai reçu une leçon de vie que je vous partage : arrête de regarder le nuage (petit ou grand), de te laisser arrêter par tes craintes, même justifiées, par des expériences, par ta logique, par les circonstances, par les personnes autour de toi – même les plus proches – car, la grande majorité de mes craintes ne se réalise jamais ! Appuie toi uniquement sur la Parole de Dieu, elle – par contre – s’accomplit toujours, sur Jésus, notre Dieu Tout-Puissant.
Ce que le Seigneur a fait pour moi est miraculeux – mon cœur est rempli et débordant de reconnaissance. En quittant ce village de montagne, je revois cette image dans ma pensée:
Jésus a lavé toute l’étendue des montagnes et les différents endroits du village (chalet, téléphérique) avec l’éponge de Sa Puissance et de Son amour!
Quelle que soit votre blessure, votre douleur, je vous encourage à ne pas la laisser vous priver de ce que le Seigneur a prévu pour vous – Il guérit les blessures les plus profondes «Il a pour nous un avenir et de l’espérance » c’est Sa promesse pour nous (Jérémie 29 v 11)
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